Journal intime

Lundi 31 août 2009

Nous voilà déjà à la dernière soirée d'août. Le jour décline et nous annonce le retour des cris enfantins dans les cours d'école.

Contrairement à l'an dernier, ma tête n'est pas emplie de bonnes résolutions pour cette rentrée. J'ai repris le chemin du travail depuis une semaine après quinze jours de vacances bénéfiques à défaut d'être dépaysantes. Le retour au quotidien est environ cent fois moins douloureux qu'après mon voyage aux États-Unis : c'est toujours ça de pris.

Mais dans mon détachement, je regrette pourtant déjà un peu le jardin, le tas de compost, les framboises et les tomates. Je regrette un peu les volets qui s'ouvrent sur les arbres et la pelouse, le soleil qui mord la peau, la fraîcheur d'une maison, l'odeur des brochettes qui cuisent. Je regrette un peu la famille et la simplicité des instants passés ensemble.


Si la période de rentrée a toujours de petits airs de nouveauté et de tristesse mêlées, je l'aborde dans un état entre la résignation, l'indifférence et le calme. Dans mon esprit, c'est un peu : "on verra bien". Je crois être assez confiante en mon sort finalement.

En attendant de voir ce que le "on verra bien" me réserve, je me plonge dans mon calendrier. Je note les événements à venir qui devraient sérieusement m'aider à faire une bonne transition vers le coeur de l'automne :

- le concert de Coldplay au parc des Princes lundi prochain
- les Journées du patrimoine
- un bon massage californien
- quelques salons (photo, chocolat, etc.) mi-octobre
- le spectacle de Florence Foresti
- une journée tennis à Bercy
- un concert de Thomas Dutronc
- etc. !

Plus généralement, je pourrais dire que mon objectif pour cette rentrée est de garder le sourire jusqu'au prochain temps des bilans.

Et vous, comment vous sentez-vous pour la rentrée ?

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Par Lili
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Mardi 30 juin 2009
Le faisceau lumineux de la Tour Eiffel balaie machinalement le ciel dans la nuit. Il y a dix ans encore, je me demandais si sa danse ferait un jour partie de mon quotidien.

A l’heure où les volets se ferment, je me penche à la fenêtre. Je cherche la vie en bas, parcours du regard les angles de rue et compte les passants. Parfois, il n’y en a pas, parfois, il y en a deux. Ils se taisent. Rarement, une voix forte s’élève dans la rue. Le soir comme le jour, les silhouettes, rares, déambulent. Il n’est plus l’heure des enfants qui vont à l’école. Il est l’heure des bruissements, des cerveaux engourdis et de l’attente des rêves.

Au loin, je crois entendre le moteur d’une voiture dans une rue voisine. La ronde des véhicules sur le périph’ me semble loin. Il faut aller dans la cuisine pour les voir filer. Chez moi, ce n’est déjà plus Paris.

De la fenêtre du salon, je vois l’immeuble d’en face, de l’autre côté de la cour. Semaine après semaine, il change. De rose passé, il est devenu bâché. Aujourd’hui, il est rouge. Les échafaudages témoignent de l’activité du jour. Il n’y a plus de neige sur le rebord de ma fenêtre, la pluie d’orage ne bat plus le sol. Imperturbable, la fenêtre sous les toits diffuse toujours de la lumière. Une femme y veille, même tardivement, même tôt le matin.

A l’heure où l’on dort, de ma chambre, on pourrait toujours contempler le silence des appartements d’en face. On y verrait les pieds d’une mamie allongée sur son lit devant sa télé, l’ombre d’un homme qui repasse dos à la fenêtre, des fenêtres grandes ouvertes.

La nuit de ma fenêtre, on devine la vie au loin. Les volets fermés, on sombre jusqu’au lendemain.

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Par Lili
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Samedi 20 juin 2009
Je vous ai parlé il y a quelques temps de la semaine anniversaire ponctuée de concours du blog de Mlle Gima. Quelques jours plus tard, j'avais dans ma boîte aux lettres un carnet tout beau tout rouge : "Mes amours" qui fait partie de la collection Memoriae de Quovadis. Cette collection permet à ceux qui, comme moi, aiment écrire, de développer une partie de leur vie dans un petit cahier. En l'occurrence, le hasard a fait que c'est moi qui vais pouvoir soulager ma plume de mon baratin amoureux !

Une bonne moitié du carnet est destinée à recevoir en vrac toutes sortes d'anec dotes et impressions. La seconde partie est divisée par thèmes :
- désirs amoureux,
- fantasmes,
- enseignements et conseils,
- deux thèmes libres,
- adresses. Cette partie a un côté un peu étrange... On va considérer qu'elle doit servir à noter des endroits agréables et non à devenir un genre de catalogue de mauvais goût d'ex... !?

Quelques idées générales à partager pour m'aider à nourrir la rubrique "conseils" ?

Il existe 12 carnets au total :

- certains me font bien envie : voyages, rêves, week-ends
- d'autres doivent pouvoir se remplir aussi assez facilement : amis, cuisine, culture, joies, peines
- d'autres encore ne me seraient d'aucune utilité : enfants, vins, randonnées

De bonnes idées pour offrir aux autres ou à soi-même !

À lire :
Présentation du carnet "Mes amours" sur le site Quovadis
Le concours Quovadis sur le blog de Mlle Gima
Mon billet sur le concours de Mlle Gima
Par Lili
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Lundi 29 décembre 2008
Tous les ans, la même question : "quel souvenir me laissera cette année ?".
Tous les ans, la même impression mélée d'avoir avancé un peu et de n'avoir rien fait.

Les années n'ont jamais qu'une seule teinte. On bâtit des bonheurs sur la tristesse et on sacrifie des jours pour chercher comment renaître.

Que dirais-je de 2008 lorsque le temps aura passé ?

Les beaux moments ne manquent pas. J'ai un regard doux sur beaucoup d'heures passées avec des proches, sur mes week-ends de recherche de meubles, sur mon appartement idéal, sur tous les endroits visités, tous les spectacles vus et sur bien d'autres instants. 2008 : un emménagement, un changement de travail, de très beaux voyages...

D'une année, on se souvient aussi de ce qui n'a pas marché : des loupés, des déceptions, des points de rupture, des risques de noyade dans un verre d'eau. Je n'arrête plus de couler et de me repêcher, je ne sais plus où sont le fond et la surface. Je suis à l'envers. L'automne m'a contrainte à rester assise sur la berge et mis en face d'un reflet que je connais pas. Ce sont les points de liaison entre les différents moments agréables que je ne gère plus. Entre le bonheur et le bonheur, on trouve le vide. Je cherche les contours.

2008 aura eu ses amertumes. 2008 aura été riche en tout. Je lui préfère la plus joyeuse et constructive 2007.
Tourner enfin cette page me fait plaisir mais la route est longue pour aller vers un vrai ailleurs.

En 2009, j'aimerais comprendre à quoi correspond cette envie de fuir et trouver l'apaisement. Comme à chaque fois, je pense ne pas prendre de "bonnes résolutions". A chaque 1er janvier, je dis la même chose "je voudrais juste être heureuse". Je n'en demande pas plus. Qu'importe le moyen.

Si le monde et la vie de chacun pouvaient simplement tourner dans la douceur... S'il suffisait d'un claquement de doigts pour consoler les coeurs qu'on aime...

Évitez de lire ma conclusion si vous n'avez pas vu la saison 2 de "Clara Sheller" et que vous comptez bientôt la découvrir. Ca m'amuse de finir ce billet comme se finit cette saison : sur les paroles de la voix intérieure de Clara, qui a l'aube d'une nouvelle année, se retrouve seule au milieu d'un appartement vide et baigné par la lumière :
"Vais-je rencontrer quelqu'un l'année prochaine ? Est-ce qu'enfin ma vie va changer ?"
Par Lili
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Mardi 25 novembre 2008


L'automne sage et triste glisse enfin vers la neige qui s'étouffe derrière les carreaux. Les cheminées se préparent à crépiter pour brûler gentiment le fond de pantalon de l'homme à la hotte et réchauffer les mains gelées.


Je n'aime pas novembre, ses pluies, ses mines lugubres, ses airs de fausse fin, la renaissance trop lointaine. Je n'aime pas la pluie dans les corps, les nuits longues que l'on étreint, les âmes sombres et les larmes promises.


Les feuilles jaunes lumineuses qui reposent au sol nous rappellent heureusement le cycle de la vie. Les bourgeons reviendront. Je reverrai les arbres en fleurs. Les rires quotidiens sont nos bouées pour passer novembre...


Le réconfort de l'hiver commence à nous débarasser doucement de nos vieux manteaux. J'attends que les lumières changent, que les vies reprennent.


Novembre tire à sa fin, merci !

Par Lili
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Mercredi 8 octobre 2008
Les jours parfois se ressemblent. Ceux de nos 25 ans sont bercés des mêmes questions que celles de nos 5 ans, en plus aiguës. "J'ai peut-être vécu le tiers de ma vie et qu'ai-je donc fait ? où suis-je allée ? qu'est-ce que j'aime ?". Sans larmes et dans le calme, les vagues reviennent toujours raviver l'humidité du sable...

Quelles conclusions devons-nous tirer lorsque l'obtention de ce que l'on désire nous laisse de marbre, ou pire, dans l'insatisfaction ?
Que faire pour se connaître lorsque face à soi-même on ne parvient pas à se mettre à jour ?
Pourquoi les humains sont-ils modelés par l'inquiétude alors que la vie n'a peut-être pas d'autre but que de nous faire vivre justement ?
Devons-nous vraiment nous conformer à ce que la société semble exiger de nous ?
Comment trouver le plein épanouissement au milieu de toutes ces questions ?
La sécurité matérielle et la propriété ont-ils un intérêt dans notre cheminement intérieur ou sont-ils un frein ?
Ai-je besoin d'être à Paris toute l'année, cachée derrière la capitale que j'aime et connais ?
Pourquoi aimerais-je tant chaque soir être assise devant l'océan ?
Si l'on considère que notre existence a un but et qu'il nous faut apprendre quelque chose avant notre dernier jour, pouvons-nous passer à côté et échouer ?
Existe-t-il des réponses différentes pour chacun d'entre nous ?
Pourquoi sommes-nous imparfaits ?
Pourquoi nos relations sont-elles si complexes et difficiles à cerner ?
Pourquoi ne sommes-nous pas ce que nous voudrions être, plus tolérants, plus bienveillants ?
Sommes-nous honnêtes avec nous-mêmes ?
Comment accepter de ne pas tout connaître, de ne pas aller partout ?
Sommes-nous complets tant que nous n'avons pas vu le monde ?
Comment se rendre utile et servir quelqu'un ou une cause en restant dans le ton juste, sainement ?

Le quotidien semble parfois médiocre à côté des grandes sensations avec lesquelles on flirte. J'aime réellement les rues de Paris, tout comme j'ai réellement aimé regarder les paysages norvégiens s'étaler sous mes yeux il y a moins de deux mois. Si j'avais eu un ordinateur sur les genoux là-bas, vous auriez été inondés de billets sur ce pays à la nature parfaite, sur le bonheur des découvertes et de la rencontre avec autre chose. Je suis convaincue que l'on peut trouver son bonheur sur terre mais voudrais laisser à ma porte les vieux liens, les vieux freins qui me collent. Je sais bien que rien ne se fait en un jour.

Parviendrai-je à me trouver ?

C'est dans la douceur et la perplexité face à toutes ces questions que je vais trouver le chemin de mon lit. La nuit porte parfois momentanément conseil.
Par Lili
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Jeudi 25 septembre 2008

Ce matin en m'éveillant, j'ai vu mon coeur serré. Mon souffle court l'a pincé malgré lui. Alors en moi, je lui ai dit :

"Qui t'a piétiné ainsi ?"

Je l'ai pris dans ma main, il s'y est lové, a épousé ma paume. Mes doigts l'ont écouté. Il leur a dit ses peines, les a battus régulièrement, leur a appris son rythme.

"Mon coeur doux, qui t'a ainsi baigné de chagrin ?"

Blotti contre moi, il a senti la caresse de doigts bienveillants l'imprégner de baume. Lentement, j'ai pris soin de lui.

"Coeur, pardonne-moi de te cogner à la vie. Parfois, tu me fais mal et avec toi, tout mon corps se serre".

"Tu ne seras plus meutri si je t'aime. La peine qui se rappelle à moi ne doit être tienne. Ne ressens-tu pas mon bonheur lorsque baignée de soleil, je sens le sucre sur mes lèvres ? Coeur, viens en ma poitrine et je te promets un jour de t'épanouir tout-à-fait".

Par Lili
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Samedi 20 septembre 2008
Paris, qui t'a dessiné ainsi ?

Comment peux-tu croire que je sois sérieuse en fredonnant que je ne t'aime plus ?

J'aimerais connaître de toi tout ce que je n'ai pas lu, intérioriser les innombrables mots qui te dessinent sur de vieux papiers jaunis. Tant de grands noms t'ont dépeint. Tant de robes et de souliers t'ont connu. Préfères-tu les fiacres aux Vélib' ? La Seine souffre-t-elle dans son lit ? Certains jours, rien n'y paraît. Il semble que tu es à ce point inscrite dans l'histoire que tu es autant toi-même aujourd'hui que tu ne l'as été à la Belle Époque ou au temps des Halles et que tu ne le seras dans des temps que je ne connaîtrai jamais. J'envie pourtant tous ceux qui ont de toi un autre visage que celui que je connais.

J'aime vivre parfois uniquement pour te louer, clamer comme il est bon de t'admirer.



Photos : passage des diaporamas et la cour du Palais Royal, 20/09/08
Paris matin, Paris chagrin.

Les ombres rasantes du soleil qui peine à se lever te subliment. La lumière t'embrasse en même temps que nous, passants énamourés de toi.

Je m'en remets à toi pour porter mes jours...
Par Lili
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Vendredi 5 septembre 2008

Je sais que la vie est dehors, que le vendredi soir, les gens se réunissent, rient, dansent. Je le fais aussi parfois. Mais savent-ils tous aussi ce qu’est une bonne soirée seul chez soi ? De n’exister à des moments pour personne d’autre que soi-même ?

Céder à l’appel de la douceur, de la couette-DVD noyé entre les oreillers, se laisser porter par la musique, se sentir bien dans la contemplation, zen comme en un début de week-end… Il faut souvent exister pour soi avant d’exister pour les autres.

Vous me direz qu’il existe des pièges et qu’il ne faut pas à outrance garder sa porte blindée fermée. On pourrait avancer aussi qu’à d’autres moments, habiter seul revêt des aspects plus étranges. On peut se dire « bon, allez, ce soir, je lis » et se rendre compte que cette activité est tellement silencieuse, nous renvoie tellement à nous-même qu’elle est bien meilleure quand la solitude est accompagnée, dans une maison, en famille, près d’amis, dans le métro. Bien souvent en réalité, le temps sait s’occuper.

On pourrait longtemps disserter sur tout ça, et je vous en reparlerai peut-être souvent. Ou peut-être pas. Mais ce soir, ma porte est close. La rue est calme, je n’ai vu personne depuis des heures. Je laisse mes pensées jouer, je laisse ces moments me porter, me bercer jusqu’à la nuit.

Ce soir, des gens dansent, des gens rient mais moi, sereine, je ne peux pas. Car je suis occupée : je rêve.

Par Lili
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Dimanche 24 août 2008
22h10, un dimanche soir. L'heure des calculs et des pages à tourner.

Trois semaines déjà que j'étais en vacances. J'ai quitté un bureau dont l'air aoûtien était brassé par des ventilateurs-sauveurs et vais le retrouver un parapluie à la main. C'est bien la pluie qui, jeudi à mon retour de Norvège, m'a indiqué que l'automne était la prochaine saison et qu'il allait falloir déranger de leurs boîtes mes chaussures plus fermées. Les promenades dans les chemins, voire dans les bois (sic !), les albums photos à mettre à jour, les rêves de Norvège... tout paraît soudain bien loin ! Demain, c'est la rentrée !

Mes chaussures ne sont pas cirées, je n'ai pas acheté de cahiers puisque cette rentrée est la troisième qui n'est pas "des classes" mais je sens qu'il est temps pour moi de reprendre la route... Je ne suis pas une habituée des bonnes résolutions du 1er janvier. En général, je me dis tous les ans la même chose : "faire mon possible pour être heureuse". Ca n'engage pas beaucoup même si c'est très ambitieux. Pour cette rentrée de septembre, je suis plus inspirée. Ecrirai-je seulement tous les projets, envies et objectifs que j'ai en tête pour ces 12 prochains mois ? Je me permets en tout cas de ne pas les écrire ici et de m'imposer toute seule ma discipline (pas folle la mouette). En espérant que tout cela ne restera pas lettre morte faute de volonté. J'ose croire que, les années passant, on devient plus raisonnable.

23h48 (j'en fais des choses en même temps !). Quoi qu'il en soit : rien ne sert de blablater, il faut dormir à point ! Demain : au boulot !
Par Lili
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