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Le faisceau lumineux de la Tour Eiffel balaie
machinalement le ciel dans la nuit. Il y a dix ans encore, je me demandais si sa danse ferait un jour partie de mon quotidien.
dotes et impressions. La seconde partie est divisée par thèmes :
L'automne sage et triste glisse enfin vers la neige qui s'étouffe derrière les carreaux. Les cheminées se préparent à crépiter pour brûler gentiment le fond de pantalon de l'homme à la hotte et
réchauffer les mains gelées.
Je n'aime pas novembre, ses pluies, ses mines lugubres, ses airs de fausse fin, la renaissance trop lointaine. Je n'aime pas la pluie dans les corps, les nuits longues que l'on étreint, les âmes sombres et les larmes promises.
Les feuilles jaunes lumineuses qui reposent au sol nous rappellent heureusement le cycle de la vie. Les bourgeons reviendront. Je reverrai les arbres en fleurs. Les rires quotidiens sont nos bouées pour passer novembre...
Le réconfort de l'hiver commence à nous débarasser doucement de nos vieux manteaux. J'attends que les lumières changent, que les vies reprennent.
Novembre tire à sa fin, merci !
Les jours parfois se ressemblent. Ceux de nos
25 ans sont bercés des mêmes questions que celles de nos 5 ans, en plus aiguës. "J'ai peut-être vécu le tiers de ma vie et qu'ai-je donc fait ? où suis-je allée ? qu'est-ce que j'aime ?". Sans
larmes et dans le calme, les vagues reviennent toujours raviver l'humidité du sable...
Ce matin en m'éveillant, j'ai vu mon
coeur serré. Mon souffle court l'a pincé malgré lui. Alors en moi, je lui ai dit :
"Qui t'a piétiné ainsi ?"
Je l'ai pris dans ma main, il s'y est lové, a épousé ma paume. Mes doigts l'ont écouté. Il leur a dit ses peines, les a battus régulièrement, leur a appris son rythme.
"Mon coeur doux, qui t'a ainsi baigné de chagrin ?"
Blotti contre moi, il a senti la caresse de doigts bienveillants l'imprégner de baume. Lentement, j'ai pris soin de lui.
"Coeur, pardonne-moi de te cogner à la vie. Parfois, tu me fais mal et avec toi, tout mon corps se serre".
"Tu ne seras plus meutri si je t'aime. La peine qui se rappelle à moi ne doit être tienne. Ne ressens-tu pas mon bonheur lorsque baignée de soleil, je sens le sucre sur mes lèvres ? Coeur, viens
en ma poitrine et je te promets un jour de t'épanouir tout-à-fait".
Paris, qui t'a dessiné ainsi ?
Paris matin, Paris chagrin.
Je sais que la vie est dehors, que le vendredi soir,
les gens se réunissent, rient, dansent. Je le fais aussi parfois. Mais savent-ils tous aussi ce qu’est une bonne soirée seul chez soi ? De n’exister à des moments pour personne d’autre que
soi-même ?
Céder à l’appel de la douceur, de la couette-DVD noyé entre les oreillers, se laisser porter par la musique, se sentir bien dans la contemplation, zen comme en un début de week-end… Il faut souvent exister pour soi avant d’exister pour les autres.
Vous me direz qu’il existe des pièges et qu’il ne faut pas à outrance garder sa porte blindée fermée. On pourrait avancer aussi qu’à d’autres moments, habiter seul revêt des aspects plus étranges. On peut se dire « bon, allez, ce soir, je lis » et se rendre compte que cette activité est tellement silencieuse, nous renvoie tellement à nous-même qu’elle est bien meilleure quand la solitude est accompagnée, dans une maison, en famille, près d’amis, dans le métro. Bien souvent en réalité, le temps sait s’occuper.
On pourrait longtemps disserter sur tout ça, et je vous en reparlerai peut-être souvent. Ou peut-être pas. Mais ce soir, ma porte est close. La rue est calme, je n’ai vu personne depuis des heures. Je laisse mes pensées jouer, je laisse ces moments me porter, me bercer jusqu’à la nuit.
Ce soir, des gens dansent, des gens rient mais moi, sereine, je ne peux pas. Car je suis occupée : je rêve.